avril 13, 2026

Laffite Automobili : un nom de légende réinvente l’hypercar à Monaco

À Monaco, les grandes histoires d’automobile ont toujours une saveur particulière. Celle de Bruno Laffite tient à la fois du rêve d’enfant, de la ténacité d’un pilote et de l’audace d’un constructeur qui, contre toute logique industrielle, a décidé de créer sa propre hypercar. Onze ans de travail, un héritage familial prestigieux et un coup de cœur princier plus tard, la LM1 voit enfin le jour. Et signe l’entrée remarquée de Laffite Automobili dans le cercle restreint des marques d’exception.

Tout amateur de sport automobile connaît le patronyme. Laffite. Une famille qui, depuis des décennies, fait vibrer les circuits. Un oncle, Jacques, quatorze saisons en Formule 1. Une cousine, Margot, devenue l’une des voix incontournables des Grands Prix. Et au centre, Bruno, l’enfant qui rêvait non seulement de piloter des voitures de course, mais aussi de les créer.

Après une dizaine d’années passées derrière un volant, il change de trajectoire. “Je voulais conduire tous les jours les voitures que je pilotais sur circuit”, raconte-t-il. Alors, pourquoi ne pas les construire lui-même ? Une idée simple en apparence. Un défi colossal dans la réalité.

Onze années de développement : l’obstination comme moteur

Implantée à Monaco, Laffite Automobili est née dans l’incertitude la plus totale. “Personne ne croyait en moi”, confie Bruno. Il part de zéro. Pas d’usine. Pas d’équipe. Pas de modèle existant. Il tente d’abord la voie de l’électrique, avant de réaliser que le marché du très haut de gamme n’en veut pas. “Les collectionneurs veulent un moteur qui soit une œuvre d’art.” Il revoit sa copie, sans renoncer.

Le projet prend de l’envergure lorsqu’il s’entoure de deux partenaires essentiels.
D’abord Giorgetto Giugiaro, légende du design automobile, élu designer du siècle à Las Vegas en 1999. Ensemble, ils travaillent un an et demi pour dessiner les lignes de la future hypercar. Puis Gianetti, une usine italienne réputée, lui ouvre ses portes et l’accompagne dans l’industrialisation. “S’il avait fallu tout créer de zéro, c’était impossible”, reconnaît-il.

La LM1 : un hommage aux 24 Heures du Mans homologué pour la route

Le premier modèle devait être un manifeste. Un statement. Ce sera la LM1, inspirée des voitures des 24 Heures du Mans. Produite en seulement 24 exemplaires, clin d’œil évident au mythique circuit, elle rassemble tous les codes de la voiture de course : entièrement en carbone, 1 000 chevaux, 0 à 100 km/h en 2,4 secondes, technologie hybride offrant quelques kilomètres en mode électrique. Mais surtout avec un objectif inédit : rester accessible à conduire.

Je voulais que le client n’ait pas besoin d’être pilote pour la maîtriser”, insiste Bruno. Le petit moteur électrique facilite la conduite : meilleure gestion de la boîte de vitesses, embrayage assisté, conduite adoucie. L’hypercar devient une machine d’excellence qui ne demande pas un palmarès pour être domptée.

Ce sont des œuvres d’art”, résume-t-il simplement. Il a dessiné chaque détail. “La première fois que je me suis assis dans la vraie voiture, sortie d’usine… c’était irréel. Je n’ai même pas compris tout de suite que c’était ma voiture.”

Monaco, écrin naturel d’une marque d’exception

Dès le départ, Monaco s’impose comme une évidence. Pour le prestige, pour la tradition automobile, pour son Grand Prix mythique, mais aussi pour l’écosystème unique qu’elle offre à des projets aussi ambitieux.

Le lien devient institutionnel lorsque le Prince Albert II choisit lui-même la livrée de la première LM1, aux couleurs de la Principauté. Un geste symbolique, fort, qui inscrit Laffite Automobili dans le paysage automobile monégasque.

Un showroom ouvrira prochainement dans la Principauté, et la marque entend renforcer sa présence lors des grands rendez-vous de l’année. “C’est important de lier le sport automobile, l’art de vivre et l’image de Monaco”, résume Bruno.

Je veux que le nom Laffite soit associé aux plus belles voitures du monde”, conclut-il.
Une ambition à l’image de son parcours : exigeante, ambitieuse, mais sincère. Et désormais, profondément monégasque.

← Retour au blog